Mon meuble vaut-il la peine d’être restauré?

30/oct.2015. André Goulet

Au sous-sol, au grenier ou carrément dans votre garage trône un vieux meuble à la peinture écaillée, et vous vous demandez quoi en faire? Le restaurer? Le mettre au rebut? Quelle valeur lui accorder? Jusqu’à combien dois-je investir si je choisis de le confier à des experts? Voici quelques pistes qui vous aideront à prendre votre décision.

 

Qu’entend-on par valeur?

En premier lieu, il importe de faire la distinction entre la valeur vénale d’un meuble et sa valeur strictement sentimentale.

Dans le premier cas, on a affaire à un meuble qui, en raison de son époque, de la matière qui le compose ou de son design unique, par exemple, possède une réelle valeur marchande. Dans le second cas, le meuble a appartenu à un ami ou à un membre de la famille qui lui donne une aura qui n’a rien à voir avec le meuble lui-même; l’attachement, en ce cas, est avant tout sentimental, et il est alors difficile de mettre un prix sur l’objet. Attention, toutefois : ce meuble peut également avoir une valeur marchande réelle et, en pareil cas, on ne devrait même pas hésiter à passer à l’action ou, advenant qu’on n’en ait pas les moyens, de le confier à quelqu’un qui puisse lui assurer une seconde vie.

 

Points à surveiller

Dans tous les cas, il faut porter une attention particulière à certains points :

 

– S’agit-il d’un meuble en bois plaqué ou en bois massif? Pour savoir distinguer les deux, je vous renvoie à l’article suivant : http://bit.ly/1MZhRwc.

– S’il est en bonne condition, le placage peut aussi être d’une grande valeur. De fait, l’essence (particulièrement lorsqu’il s’agit d’une essence exotique) ou la nature même du placage (je pense, entre autres, aux fameuses loupes ou ronces qui transforment les motifs du bois en véritables tableaux) peuvent lui conférer une valeur réelle. Portez toutefois une attention particulière à l’état de ce dernier : présente-t-il de nombreux éclats, brûlures de cigarettes, cernes noirs intenses ou gondolement provoqués par de l’humidité ou de l’eau? La réponse affirmative à l’une ou à plusieurs de ces questions peut lui faire perdre de sa valeur.

– Enfin, méfiez-vous des imitations : papier décor et moulage plastique sont quelques-uns des artifices qui composent l’arsenal des «faussaires».

 

Des attentes réalistes

Un meuble restauré ne deviendra jamais un meuble neuf, et sa remise en condition comporte aussi sa part d’imprévu. Par exemple, un meuble qui a été continuellement entretenu à l’aide de produits à base de cire peut causer un problème lorsque le moment est venu d’appliquer la finition (teinture et/ou vernis), et ce, même si le bois a été préalablement et correctement décapé puis poncé. Il faut aussi garder en tête qu’un placage ne peut être sablé aussi profondément qu’un bois massif compte tenu de sa minceur : généralement un seizième de pouce, voire moins. Ce qui peut nous empêcher de faire disparaître totalement une tache, une égratignure ou une brûlure. Enfin, tous les types de bois ou de placage présentant un grain ouvert (chêne, frêne, orme, etc.) et qui ont reçu, par le passé, une finition aux teintes sombres peuvent difficilement revenir à leur teinte naturelle. L’application d’une couleur minimale devra donc être envisagée une fois le meuble décapé et sablé.

 

De l’impondérable

Faire ou ne pas faire restaurer son meuble? La réponse à cette question comportera toujours une part d’impondérable. Certes, on peut trouver sur le marché un meuble neuf au même prix, voire à un prix inférieur à ce qu’il en coûte pour la remise en condition d’un meuble ancien. Mais l’histoire, mais l’âme d’un meuble, cela ne se trouve pas en magasin, si grande soit la surface du commerce.